Tour du Monde de l'Ultimate, étape 4, Pologne

L'ultimate Polonais en est à la troisième étape de son jeune développement : ils ont déjà réussi à monter des équipes, ils ont formé leurs championnats et pensent désormais à chercher une structure stable pour avoir un championnat compétitif en interne, pour être performants à l'international. Il y a beaucoup à dire sur l'Ultimate ici, nous avons donc choisi de le présenter sous le format suivant :

I – Présentation de l'Ultimate polonais

  • Dates importantes

  • Répartition des clubs en Pologne

  • Communication et organisation des compétitions

II – Organisation du championnat

  • Un championnat jeune et mixte

  • Problématiques du championnat

  • La ligue de Varsovie

III – L'avenir polonais

I – Présentation de l'Ultimate polonais

1) Dates importantes

Pour commencer avec l’Ultimate polonais, il faut mentionner quelques dates importantes de son histoire :

1997 : Création de Uwaga Pies (premier club, Poznan)

2004 : Création de RJP (deuxième club, Varsovie)

2009 : Premier championnat mixte

Première équipe nationale présente sur une compétition internationale (U20 Open, Vienne EYUC)

2010 : Adhésion à la WFDF Première participation d'un club à un championnat du monde (GMF à WUCC Prague 32/40) Première équipe U23, Mixte à Florence. La fédération se dote également d'un superbe outil : Frisbee.pl pour pouvoir organiser des compétitions internationales en se basant sur le site de la WFDF.

2011 : Première équipe adulte présente sur un grand championnat : l'équipe Mixte bat la Finlande 13-12 en pré-quart de finale et atteint le 1/4 de finale à Maribor du championnat d'Europe. Elle terminera 7éme, après avoir été largement dominé par une superbe équipe de France.

- Suite au désistement de l'organisateur initialement prévu, Wroclaw reprend l'organisation des championnats d'Europe Junior. - Première équipe U20 Open et Women sur un championnat d'Europe.

- La Pologne participe à son premier championnat du monde de Beach en mixte à Lignano et termine devant la France 7/22 (France 11) en battant notamment l'Italie, l'Irlande, les Pays-bas ou l'Autriche.

2013 : Premier championnat Open et Premier championnat Women

2014 : WUCC Lecco : en Open, Mojra se fait humilier 48/48 pendant que GMF termine 26/48 en Mixte (BDM : 29/48, Friselis 47/48).

Au EUCF, Le SUN prive GMF d'un titre de champion d'Europe, Flow Wroclaw termine 3éme.

2015 : Premier championnat de Beach (Mixte) Wroclaw organisera les EUCR en octobre.

2016 : Wroclaw organisera les WUJC

2017 : Wroclaw organisera les World Games (présence de l'Ultimate en Mixte).

2) Répartition des clubs en Pologne

Sur la carte ont été représentées les 25 équipes qui semblent essentielles pour la Pologne. Le format actuel de la fédération n'impose pas l'enregistrement de son équipe. Des équipes disparaissent des compétitions alors que d'autres apparaissent sans qu'on ne sache vraiment si quelque chose existe encore sur place. D'autres clubs sont victimes de fusions, explosions, sont de simples pick-up ou sont rarement présentes sur les compétitions. On a donc retenu les 8 équipes de Varsovie (Kosmodisk,GMF, Mojra, Zawierucha,Tłuste Dyski , RJP, 4 Hands et Mujahedini, Tlasty Disk), les 2 équipes nées de la division de Cool Flight Gdansk (Ultimatum et Seagull), Albatros de Szczecin, Astro Disco de Bydgoszcz, Nine Hills de Chelmno, Flow et KWR de Wroclaw, Krakuf de Cracovie, ses voisins de Katovice et de trois villes autours (Spirit of Lemon, Freezebeatz, Cutovice, 2Obvious et Frisbnik) et les trois équipes de la région de Poznan (Uwaga pies, Furious Goat et Brave Beavers) et on termine par la plus présente de l'est de la Pologne : Gunslingers.

Si vous devez retenir 4 noms, l’ordre est le suivant :

Flow, Grand Master Flash, Spirit of Lemon et Mojra.

3) Communication et organisation des compétitions

Il y a un enthousiasme général sur l'Ultimate Polonais, avec une base de joueurs très jeunes. La particularité de la communication locale avec une forte présence sur facebook où les clubs franchissent souvent les 1000 fans. (En France le club qui a le plus de fans est l'ASUL avec 700 contre 1344 pour Astro Disco, 1351 pour Flow ou 1433 pour GMF. Boostés par la forte présence et activités des joueurs sur les réseaux sociaux, de nombreux photographes ou vidéastes se sont tournés vers les championnats pour se faire leur propre pub. Ainsi, la moindre petite équipe ou pick-up possède une banque d'images et de vidéos de qualité qui peut lui servir immédiatement pour une communication efficace et ainsi se montrer attractive pour cibler de nouveaux jeunes joueurs. De plus, conscientes de la portée et de l'importance de la communication, certaines équipes n'hésitent pas lors du championnat national à payer de leur poche un photographe ou vidéaste pour suivre le parcours de leur équipe et ainsi avoir une base personnelle d'images largement exploitables sur plusieurs années.

Un autre outil important est le site internet de la fédération. Assez loin du modèle français, il se base sur le modèle des sites d'organisation des grands championnats internationaux, en ayant le même système de table de marque avec les détails permanents, on peut ainsi suivre l'évolution d'un joueur ou d'une équipe sur plusieurs années, même en cas de changement de club et le détail statistique des joueurs sur le terrain.

(cf : la fiche de l'excellent joueur de RJP : Adam Tomczyk (http://scores.frisbee.pl/?view=playercard&Series=0&Player=13934).

II - Organisation du championnat

1) Un championnat jeune et mixte

Bien plus qu'un constat, la mixité est ici une identité. Pour les Polonais, la base même de la spécificité et du développement de ce sport vient, ou doit venir, de sa mixité. Ainsi, la priorité a tout de suite été mise sur la représentation en mixte :

A l'international avec ses premières sorties sur des compétitions internationales (WUCC avec GMF, WU23 à Florence, WCBU 2011 Lignano et EUC2011 à Maribor) ou sur le plan national avec des championnats qui se font d'abord en mixte en indoor, beach et outdoor. Oui, ici on ne joue pas en open en disant que les filles peuvent également jouer, on force le développement du sport féminin à coups de championnats et les équipes voulant participer doivent trouver des joueuses. Au stade actuel, une chose est sûre : ça marche. Avec la dynamique de communication mise en place ici et une appropriation rapide du championnat par des jeunes très vite intégrés dans des équipes neuves, les équipes n'abondent pas de filles, mais elles en ont, car ces dernières ont leur place dans un championnat très demandeur qui les intègres immédiatement.

Le jeunisme de ce championnat est né d'une conscience du retard dans ce sport par rapport à ses voisins. La volonté de vouloir former pour s'assurer un avenir à la hauteur du potentiel de son bassin de population est grande ! Seulement s'ils forment déjà des juniors et qu'ils ont des compétitions internationales pour eux, il n'y a toujours pas de championnat nationales, malgré les discussions car personne ne veut organiser.

2) Problématiques du championnat

Cette volonté de développement par la mixité a eu une conséquence : les collectifs et les clubs se sont développés sur cette base et dans des objectifs de performance pour cette catégorie. Seulement à l'international, ce sport se développe au plus haut niveau bien plus en Open, et presque par réponse en Women. Ainsi en 2013 a eu lieu le premier championnat Open et Women du pays. Ce championnat, qui était festif, a eu des conséquences importantes sur la fédération Polonaise et va modifier, voire révolutionner, le paysage des clubs du pays. Jusque là, les groupes de joueurs n'avaient pas besoin d'un groupe très étendu de joueurs pour performer. Lors de ce championnat Open, à Varsovie, s'est rapidement monté deux pick-up : Mojra et Girls Stay Home. En réponse à Varsovie et pour ne pas laisser les gens de la capitale s'emparer si facilement du titre, Uprising s'est monté en regroupant les meilleurs joueurs ambitieux de provinces. Au final, ces trois pick-up ont écrasé un championnat ou le 4éme, Astro Disco était beaucoup trop court en effectif pour pouvoir exister. Si dés la première année d'existence cette situation s'est installée, le système devient désormais encore plus extrême, car les gens en Open ou Women ne cherchent plus vraiment à développer leurs clubs pour les championnats, ils cherchent à se faire inviter pour être champions avec les deux pick-up de Varsovie qui ont gobés celui de province au passage., et cette situation est la même pour les filles ! Au final, la concurrence a été écrasée et un sentiment de toute-puissance s'est installé pour Mojra. Ces dans ces conditions que cette équipe, privée de ses 8 meilleurs joueurs à Lecco (jouant pour GMF) a vécu son chemin de croix jusqu'à la dernière place. Pendant ce temps GMF aux Worlds ou encore Flow et Spirit On Lemon aux EUCF ont montrés à toute la Pologne que pour performer, la Pologne avait le niveau en Mixte.

Cette année,un processus lancé par des entraîneurs américains a voulu changer la donne par les équipes nationales, donnant un aspect prioritaire dans les choix des joueurs aux équipes Open et Women pour Copenhague. Finalement Luke Tobiasiewicz (de Fire Of London) monta à son tour, finalement, une équipe mixte mais qui sera privée de ses meilleurs joueurs et ne pourra pas défendre son ranking : la Pologne à tout à perdre. En interne, il fallait trouver une solution pour les problèmes des pick-up. La fédération a donc instaurer une nouvelle règle dans le championnat polonais: les équipes ne doivent plus se contenter de livrer un rooster un mois, mais plusieurs désormais, avant la compétition dans lequel tous les joueurs inscrits n'ont plus le droit de jouer pour une autre équipe ( Exception faite des joueurs polonais n'ayant jamais fait de compétition). Le processus semble fonctionner faisant pression sur les joueurs dans le choix d'une équipe. Pour le niveau international, Mojra se réunit pour s'entraîner en Open désormais et se montre prêt à travailler pendant que les filles performent déjà (Whatever qualifiés aux EUCF).

3) La ligue de Varsovie

Une des raisons de la montée rapide du niveau et des effectifs de la capitale est l'existence d'une ligue interne. Au lieu d'avoir un créneau simple d'entraînement, le terrain du lundi est gardé pour faire des vrais matchs. Ainsi les équipes, se réunissent et jouent un match sous un format officiel (table de marque et feuille de match). La répétition des matchs et l'intensité régulière permettent, en fonction de l'adversaire, de tester de nouvelles choses ou de jouer sur un rythme rapide. Le système est attractif car même des équipes qui ne sont pas de la capitale viennent participer à cette compétition mixte. Le championnat se termine par une finale et un match pour la troisième place (cette année Tluste Dyski bat Zawierucha en finale, GMF termine troisième). L'intérêt de ce tournoi est aussi de voir quelles sont les équipes avec une capacité de mobilisation régulière de ses meilleurs joueurs (GMF en clôture gagne 16 à 5 Zawierucha mais, trop tard car elle avait perdu contre des équipes "faibles")!

III– L'avenir Polonais

Dans un avenir à court terme, le championnat polonais va devoir arriver à un système de licences similaire à celui de la France. Sa fédération a besoin d'un processus de recensement d'un pays qui ne sait pas combien il a de joueurs (estimation entre 800 et 1000) pour pouvoir peser au prêt de son gouvernement (elle n'a le statut de sport que temporairement jusqu'aux World Games). Cette nouvelle situation devrait réussir une stabilisation de la carte des clubs qui se modulent encore beaucoup trop rapidement. L'arrivée de la licence se fera indéniablement et va se mettre en place petit à petit permettant un développement plus serein et des effectifs plus stables qui tireront le niveau vers le haut. Si le phénomène de mode tourné vers les championnats Open et Women risque de perdurer, il reste fort probable que les désillusions à venir des trois équipes Polonaises à Copenhague, ayant affaibli sa seule équipe compétitive, fassent réfléchir beaucoup de joueurs et ainsi amener les meilleurs d'entre eux à se retourner vers le mixte et en refaire une priorité. On peut prédire sans trop prendre de risques, que tant que le pays ne sera pas en mesure de former des vraies équipes compétitives en Open avec des qualifications difficiles pour la première division, le pays privilégiera le mixte et fera le même choix que ses voisins Tchèques et Slovaques en ayant en plus l'obligation d'avoir une équipe nationale compétitive pour les world games de 2017 à la maison. Sur un avenir plus lointain, le club de Flow, avec la multiplication des événements de haut niveau qu'il organise, va devenir le moteur de l'Ultimate polonais à l'international, attirant de nombreux joueurs et confrontant les siens à du haut niveau. Et si un deuxième club est déjà apparu à proximité de la ville, d'autres risqueront d'émerger, pendant que Flow pourrait s'installer durablement comme dominant le championnat. L'attractivité de cette villes dopée par les futurs championnats juniors qui seront bientôt créés et les tournois qu'il organisera, combinés à la présence de l'aéroport et la proximité avec d'autres pays, pourraient faire naître un tournoi des plus demandés d’Europe.

Enfin, par le volume de joueurs qu'il est capable de mobiliser et par la dynamique qu'il instaure, le niveau polonais (très en retard, pour l'instant, par rapport à la France) est en train de monter très vite. Pour les mondiaux de 2020 les équipes nationales pourraient toutes être en mesure d'atteindre le top 16 mondial. Une chose est sure en tout cas, l'Europe voit émerger une nouvelle nation qui est bien décidée à trouver sa place et être compétitive.

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