USA Ultimate brise la barrière des genres

Dans un long article (lien) traduit ci-dessous, USA ultimate fait un bon monumental en avant pour l'intégration des genres fuides, non-binaire et plus généralement la communauté lgbtqia+. Dans un article explicatif et à sens unique publié dans ultiworld Gibboney prend la parole pour expliquer les raisons ayant poussé cette décision et les répercutions internationales.



1 - Pourquoi ce choix ?


Tout d'abord s'il y a une seule phrase à retenir c'est celle-ci :

« Nous avons l’occasion de mettre l’accent sur l’inclusion pour tous les athlètes, y compris les plus marginalisés de la société, choisissons l’inclusion”.

Car oui, cette décision, ultra-politique est mise en avant comme un geste d'inclusion, pour offrir un cadre protecteur dans l'ultimate à ceux qui ne se sentent pas à l'aise dans la rigidité du cadre des autres sports et permettre l'accés à la compétition à ceux qui ne s'y retrouvent pas. Cette décision fait de l'ultimate un laboratoire de test pour l'intégration et le vivre ensemble avec des nouvelles spécificités et va rendre notre sport sans doute encore un peu plus différent des autres.

2 - Quels changements concrets ?


iLes régles anciennes calquées sur le CIO sont à oublier (détail ici). Il n'y est plus question de niveau de testostérone, de traitement hormonal ou autre. Désormais en se justifiant par cette phrase très humaine "une joueuse trans assignée à une femme à la naissance qui prend de faibles niveaux d’hormones pour correspondre à son identité de genre » « peut se sentir mal à l’aise ou ne pas être en sécurité d’être forcé de concourir dans la division masculine ou mixte pour un certain nombre de raisons qui ne sont pas liées à la taille physique" l'auteure explique qu'il n'est finalement pas de question d'équité sportive ici, mais d'intégration et d'humanité. Concrétement, un athlète choisira sa division en fonction de son ressenti et non plus des règles du CIO.


3 - Et les équipes nationales ?


Pour elles, rien ne change :

Les sélections des équipes nationales américaines participant aux événements de la World Flying Disc Federation (WFDF) sont toujours assujettis à la politique sur les transgenres de la WFDF, qui restreint la participation en fonction de l’état de transition médicale et exige la documentation et les tests pour les joueurs recevant une hormonothérapie. Cela est conforme aux normes actuelles du Comité international olympique (CIO) et aux restrictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA) sur plusieurs substances utilisées pour ces traitements.


4 - Quelles perspectives ?


Si on considére que le sport n'est pas un espace de compétition, mais de vivre ensemble, l'histoire et les perspectives que nous propose USA Ultimate avec cette décision sont formidables :

Inclusion, découverte, discussion, vivre ensemble, acceptation et ouverture.

Dans un cadre purement sportif et de vivre ensemble, avoir la possibilitée de confronter notre jeune sport à ces transitions et ces questions sociétales ne peut pas faire de mal, de plus dans un sport basé sur le respect et l'autoarbitrage, laisser les gens assumer leurs choix et ne pas être discriminés pour ce qu'ils sont est une réelle avancée humaine qui devrait permettre à des personnes de se voir offrir un sport avec un cadre protecteur et bienveillant.


5 - Quelles dérives possibles ?


Basiquement, la division open, c'est la division d'accueil de tous. Si aujourd'hui l'ultimate que l'on veut déjà protecteur, dans le respect, l'écoute et le vivre ensemble n'est pas capable de fournir dans cette division ce cadre, alors le mal est ailleurs, et il peut même être grand. Alors soit USA Ultimate essaye de prendre de l'avance en légiférant sur un cadre pour anticiper des problèmes potentiels futurs, soit il y a de vrai problèmes dans les vestiaires aux USA et en voulant avancer vers la compétition et l'arbitrage le sport s'est perdu, soit cette décision est un coup de com. Soyons francs, nous n'avons aucun moyen de juger et de savoir.


L'autre problème immédiat qui se pose aujourd'hui est celui de l'inéquité sportive avec le risque de voir des cas comme Cece Telfer qui participait auparavant aux épreuves de 400m en tant que Craig Telfer et vient désormais écraser la concurrence dans une division qu'elle survole. Oui, on risque d'avoir de vrai souçis d'inéquité sportive, ce qui risque de mettre à mal ces règles et l'auto-arbitrage.

De plus, cette volontée d'intégration se faisant en faveur des populations supposées les plus fragiles de la société pourraient provoquer des gênes ou d'autres souçis, car l'identité et l'expression du genre n'étant pas les mêmes, un sentiment de mal-être pourrait apparaitre ou persister dans le vestiaire, tout le monde n'étant pas à l'aise de la même façon avec le corps de l'autre ou même du sien.

Enfin, l'abolition du traitement hormonal, s'il reste une barriére pour intégrer une équipe nationale, ne l'est pas pour jouer à un haut niveau de compétition. De facto, le dopage hormonal devient donc légal, sans oublier que les joueurs craignant pour leur intégritée physique dans le mixte et ne jouant que la division féminine pourraient ne plus s'y sentir protégés.



Pour arriver au bon fonctionnement de cette nouvelle régle, il y aura forcément de l'abus et du sentiment d'injustice quand un de ces athlètes fera la différence lors d'un match clé, privant l'autre équipe d'un niveau qu'elle aurait mérité.



Article complet :


Précision : L’auteur a contribué à l’élaboration de la nouvelle politique et proposition de USA Ultimate sur l’inclusion des femmes et des hommes.


USA Ultimate a annoncé une nouvelle politique d’inclusion de genre, permettant aux joueurs de tous niveaux de jeux de jouer dans la division de genre dans laquelle ils sont le plus à l’aise, indépendamment du sexe assigné à la naissance, d’identification binaire de genre, ou toute autre forme d’identité ou d’expression de genre. La politique entre en vigueur immédiatement, remplaçant une politique précédente sur les transgenres adoptée en 2018.


« Au sein de nos divisions actuelles, USA Ultimate ne fera aucune discrimination fondée sur l’identité de genre, quel que soit le sexe attribué à la naissance, ou toute autre forme d’expression de genre pour la participation à une division ».

« Nous affirmons que les personnes de toutes les identités de genre devraient avoir la liberté de participer à des événements aux États-Unis ou des championnats dans la division où elles se sentent le plus à l’aise et en sécurité en fonction de leur identité de genre et devraient être reconnues et respectées, et ce, à tous niveaux.»


L’annonce a été publiée sur la page Equity, Diversity & Inclusion du nouveau site Web de l’USAU plus tôt cette semaine. La politique souligne que l’inclusion est la plus haute priorité de l’organisation, conformément aux principes directeurs énoncés dans la stratégie actuelle.


Bien que l’ancienne politique sur les transgenres ait fourni un cadre permettant aux acteurs trans et non binaires de rivaliser au sein de divisions sexospécifiques, la politique actuelle reconnaît explicitement que les hommes, les divisions féminines et mixtes peuvent ne pas refléter adéquatement l’identité de tous les joueurs ou les milieux dans lesquels ils se sentent le plus en sécurité ou inclus. Les joueurs sont maintenant invités à participer à la division où ils se sentent les « plus à l’aise et en sécurité en fonction de leur identité de genre » plutôt qu’en fonction de la meilleure correspondance possible avec une catégorie de genre existante.


En outre, la nouvelle politique n’exige aucune intervention médicale, telle que l’hormonothérapie substitutive ou la chirurgie, pour qu’un joueur puisse jouer dans une division de genre à n’importe quel niveau de compétition sanctionné par l’USAU, il ne restreint pas non plus la participation à une division de genre fondée sur l’état de transition médicale. L’ancienne politique imposait des restrictions médicales pour participer à la division féminine ou en tant que joueuse dans la division mixte, elle exigeait douze mois de thérapie hormonale substitutive pour les femmes trans et interdisait tout joueur prenant de la testostérone de ces catégories.


La politique d’inclusion des femmes a été approuvée à l’unanimité par le Conseil d’administration de l’USAU en novembre. Il s’ajoute aux politiques existantes d’Ultimate Canada, UK Ultimate et la European Ultimate Federation, qui permettent aux athlètes de participer à des compétitions sanctionnées par les organismes de la division du genre qui correspondent le mieux à leur identité, quel que soit leur statut de transition médicale ou le sexe attribué à la naissance.

USA Ultimate « recommande fortement » que tous les organisateurs locaux, ligues, tournois et autres événements dans le pays adoptent la politique telle qu’elle est rédigée. Toutefois, l’organisation reconnaît que cette politique ne s’étend pas aux événements internationaux ou multisports organisés par d’autres organes directeurs.

Les sélections des équipes nationales américaines participant aux événements de la World Flying Disc Federation (WFDF) sont toujours assujettis à la politique sur les transgenres de la WFDF, qui restreint la participation en fonction de l’état de transition médicale et exige la documentation et les tests pour les joueurs recevant une hormonothérapie. Cela est conforme aux normes actuelles du Comité international olympique (CIO) et aux restrictions de l’Agence mondiale antidopage (AMA) sur plusieurs substances utilisées pour ces traitements.

Le CIO devrait d’ailleurs publier une mise à jour concernant les JO estivaux de Tokyo.


La politique est appuyée par une proposition plus complète soumise au Conseil d’administration de l’USAU et disponible en ligne. Les deux documents ont été créés par une équipe comprenant les coprésidents de l’EDI de l’USAU, Julia Lee et Larry Melton, ainsi que les bénévoles de liaison communautaire Ashleigh Buch et Kellan Gibboney, avec d’autres commentaires de Mags Colvett et Jack Verzuh. La proposition recueille des recherches et des recommandations élaborées au cours de la dernière année, concluant que les restrictions médicales visant à réglementer les problèmes perçus d’équité concurrentielle ne sont pas les bonnes. . .

Appuyer et établir la base d’une politique fondée sur l’ouverture et l’accessibilité plutôt que de créer plus d’obstacles pour les groupes déjà vulnérables.


« Nous avons l’occasion de mettre l’accent sur l’inclusion pour tous les athlètes, y compris les plus marginalisés de la société, choisissons l’inclusion”


Selon la proposition, la politique marque un effort pour rendre l’ultimate - à la fois sa culture et ses opportunités concurrentielles, y compris aux plus hauts niveaux USAU - pleinement accessible aux personnes qui se sentent souvent mal à l’aise ou en danger dans les environnements sportifs traditionnels, ou qui sont découragés de faire du sport du tout parce qu’ils ne voient pas de place pour eux-mêmes dans ses structures rigides de genre. La politique offre également plus d’options aux joueurs précédemment invités à faire des compromis ou même des choix sur leur identité et leur offre un accueil avec l’ultimate, y compris les joueurs qui s’identifient en dehors d’un genre binaire, les joueurs qui remettent en question leur identité de genre, et les joueurs au début d’un processus de transition pris entre retarder les traitements affirmés et l’abandon d’une source vitale de soutien mental et émotionnel.


Pour des joueurs comme ceux-ci, ce qui fait qu’une division leur convient le mieux pourrait être déterminé par des facteurs autres que la façon dont ils décrivent leur propre identité de genre ou l’endroit où ils ressemblent le plus à leurs concurrents.


« Les athlètes ne devraient pas être empêchés de vivre comme eux-mêmes en raison d’un désir de pratiquer des sports, ni de pratiquer des sports dans un environnement sécuritaire en raison de leur identité ou de leur expression de genre », souligne la proposition, en donnant l’exemple suivant : « une joueuse trans assignée à une femme à la naissance qui prend de faibles niveaux d’hormones pour correspondre à son identité de genre » « peut se sentir mal à l’aise ou ne pas être en sécurité d’être forcé de concourir dans la division masculine ou mixte pour un certain nombre de raisons qui ne sont pas liées à la taille physique (p. ex., relations d’équipe existantes, engagement à l’égard de la culture des sports féminins et/ou préoccupations au sujet de la sécurité et de l’inclusion chez les cisgenres mâles).»


En vertu de la politique précédente, cette joueuse ne serait pas admissible à continuer de jouer avec une équipe féminine au niveau compétition. Pour les joueurs d’ultimate – dont l’investissement dans les rituels, les calendriers, les structures familiales et le sentiment d’appartenance à une collectivité plus vaste peuvent être profonds – une impasse comme celle-ci peut donner l’impression d’être forcé de choisir entre les parties fondamentales de leur être.


« Pour moi, cette politique signifie que peu importe mon identité de genre aujourd’hui ou la façon dont elle pourrait être pleinement réalisée à l’avenir, je serai toujours en mesure de pratiquer ce sport extraordinaire », a déclaré Gibboney dans un communiqué de presse de l’USAU. « J’espère que lorsque les gens verront cette politique, ils n’auront pas à s’inquiéter de leur appartenance ou s’ils doivent sacrifier des parties d’eux-mêmes pour continuer à jouer. »





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