Le goût du sel, ce que ça m'inspire...
- 24 févr.
- 5 min de lecture
Une proposition de droit de réponse pour ceux qui n'avaient pas la même vision à été proposé suite à l'article précédent, voici la vision d'un joueur Belge historique, Olivier Cassart.
Je pense en effet aussi que la bonne chose qu'il aurait fallu faire, c'était de demander à l'américaine de retirer son "stall out" call, et donc d'accepter le point marqué et la victoire des françaises.
Oui, la joueuse française, sous l'émotion de l'intensité de la fin de cette 1/2 finale, et de son enjeu..., a probablement eu peur de perdre la possession, et elle a manqué de lucidité quant à ce qu'il convenait de demander, de faire à ce moment.
Mais c'est tout à fait compréhensible.
Ce qui est moins compréhensible, c'est que parmi le staff de l'équipe française, donc surtout les coaches, mais aussi la Spirit capitaine, la capitaine et les joueuses qui ne jouaient pas ce point, et qui étaient donc moins sous le coup de l'émotion que la lanceuse à qui on venait d'appeler un "stall out", aucune de toutes ces personnes n'a pensé à demandé à ce que l'américaine retire son, bad, "stall out" call.
La "résolution" de ce "stall out" call a été beaucoup trop vite et la lanceuse française a été livrée à elle-même et a (de mon avis) manqué de soutien à ce moment précis ultra chaud pour elle.
Je constate d'ailleurs que le Game Advisor (GA) concerné par cette action, est rapidement arrivé auprès des 2 joueuses, a constaté qu'un stall out avait été appelé, et a dû dire aux joueuses un truc du genre: "Okay, stall out call from you" à la joueuse américaine, et "you contested the stall out, and so, the rule said disc is for you, stall will start at 9" à la joueuse française.
Ce GA a, on dirait, oublié de mentionner aux joueuses que l'américaine pouvait aussi retirer son appel si elle pensait avoir compté trop vite...
Les GA's ont une fâcheuse tendance à surtout demander aux joueurs/joueuses de se dépêcher de prendre une décison, or, parfois, il faut savoir prendre un peu plus de temps, pour bien analyser la situation, et/ou pour appeler un Spirit of the Game time-out quand c'est nécessaire, c'est fait pour ça.
Il aurait été assez facile de demander à regarder la vidéo et à compter les secondes.
Surtout que maintenant depuis plusieurs années, les joueurs/euses sont autorisé(e)s par le règlement à aller regarder des vidéos ou photos avant de prendre une décision quant à la résolution d'une action de jeu litigieuse.
D'ailleurs, je relève une fois de plus que les Game Advisors n'ont absolument pas aidé et n'ont jamais suggéré à la joueuse américaine que retirer son call était aussi une possibilité qui existe dans les règles WFDF...
Pourtant, des appels qui finalement sont rétractés après discussion, ou visionnage vidéo, ça arrive assez souvent.
Je relève aussi que les commentateurs de Ulti"world" (désolé, mais j'ai du mal avec le mot "World" dans Ultiworld...), pourtant parfois si prompts à proposer un ralenti sur certaines actions..., n'ont évoqué à aucun moment la possibilité pour les joueuses de venir visionner la vidéo, et de se faire une meilleure idée de ce qui s'était réellement passé.
Je suis assez d'accord avec Florian (commentaire facebook mis sous dessous), à savoir qu'il faut parfois des actions fortes, comme dernier recours.
"Florian Gailliegue
Il y avait un autre recours. Spirit Time Out. On a aussi boycotté des matchs pour des raisons politiques. Ne peut-on pas refuser de reprendre un match sans que de la triche manifeste soit corrigée, dans l'idée spirit Time Out et sitting sur le terrain ?"
En effet, la bonne solution donc, eut sans doute été de d'abord demander à l'américaine si elle pensait sérieusement que 10 secondes s'étaient passées entre le catch de la française et son lancer.
Ensuite, si l'américaine confirmait son "stall out" call, il aurait alors fallu demander aux autres joueuses des 2 équipes ce qu'elles en pensaient.
Puis, si l'américaine continuait à confirmer son call et qu'elle avait bien compté 10 secondes..., aller visionner la vidéo en présence aussi des Spirit capitaines et des coaches, et pourquoi pas, puisqu'il y avait des Game Advisors (dont vous savez que je ne suis pas fan), demander aux GA's de venir voir la vidéo également.
Enfin, si la joueuse américaine, après avoir vu la vidéo, et le fait qu'elle avait compté trop vite et que 10 secondes ne s'étaient pas passées, continuait à ne pas vouloir retirer son call, et bien à ce moment là en effet, il aurait alors fallu appeler un Spirit of the Game time-out, comme le suggère Florian.
Et si après ce SotG time-out, les américaines et leur coaches, continuaient de refuser de retirer le stall-out call, et bien il restait alors à refuser de continuer le match.
Il y a plusieurs choses, ou "bazars" en belge, ;-), que je retiendrais ici:
1) C'est qu'il ne faut pas se laisser stresser par le fait que les GA veulent toujours (ou trop souvent) que les résolutions aillent vite, et parfois accepter de discuter un peu plus sérieusement de la situation qui vient de se produire, et cela afin d'éviter des frustrations futures.
2) Qu'il faut bien se rappeler que les joueurs sont les arbitres sur le terrain, leur propres arbitres aussi, que l'Ultimate est auto-arbitré, et que donc il ne faut pas compter sur les GA pour résoudre les problèmes (ou alors autant tout de suite mettre des observateurs ou des arbitres, avec d'autres "problèmes" qui surgiront...).
3) Qu'une bonne discussion entre joueuses/joueurs, avec l'aide des capitaines et SotG capitaines, et parfois aussi appeler un SotG time-out, peut éviter des frustrations liées au fait de prendre des décisions parfois (beaucoup) trop vite, et pour lesquelles on ne peut plus revenir en arrière après, ou fort difficilement.
4) Enfin, que ce genre de mauvais call n'est hélas pas rare, que le terme "ignoble" n'est sans pas le plus approprié à cette histoire, et que cela devrait encore et toujours nous rappeler que l'Ultimate a réussi un truc incroyable pour la plupart des gens, à savoir jouer un sport collectif en compétion, où des contacts sont possibles, sans arbitre, en s'auto-arbitrant.
Et ça marche plutôt bien, même si il y a bien sûr des problèmes régulièrement, mais le résultat final et la fabuleuse ambiance/atmosphère et entente entre les joueurs et joueuses en Europe et dans le Monde est une chose qui n'existera jamais de la même façon avec des arbitres.
Il y a 2 choses importantes qui vont avec l'auto-arbitrage aussi, ce sont "le jugement de la Communauté de l'Ultimate" et aussi "le fait de devoir vivre avec sa conscience".
Ici, dans le cas des américaines, le jugement de la Communauté Ultimate a été plutôt sévère à leur égard et celui de leurs coaches et même de leur Fédération, et il en restera toujours quelque chose dans la mémoire collective.
Quant au fait de devoir vivre avec leur conscience, les américaines au fond d'elles-mêmes, savent bien qu'elles ont privé les françaises d'une finale mondiale (contre les hollandaises, ça aurait été cool pour l'Europe), et que leur titre est pour le moins usurpé. Cela ne doit pas être si facile que ça pour elles d'en être fières.
Et si elles n'ont pas de conscience et bien tant pis pour elles !






















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