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Mondiaux 2026 : le boycott inévitable

  • il y a 4 heures
  • 4 min de lecture

On pensait la leçon retenue après le mondial de beach et le fiasco autour de l’inscription de l’équipe israélienne. Pourtant, la présence de l’équipe New Age en division Open lors du mondial des clubs, ainsi que celle de Team 1 en division Master Open au mondial master des clubs, montre que la WFDF souhaite non seulement poursuivre dans cette voie, mais aussi le faire sur deux événements distincts.


La présence d’équipes israéliennes va donc relancer le débat autour de leur participation et de la question du « double standard » : pourquoi avoir exclu la Biélorussie et la Russie en 2022 tout en maintenant Israël dans les compétitions depuis lors ?


Avant même 2024, accueillir une délégation israélienne constituait déjà un cas particulier, notamment depuis les Jeux olympiques de Stockholm : surveillance préalable des sites de compétition par le Mossad et présence d’agents de sécurité sur place. Depuis, plusieurs incidents ont alimenté les tensions.


La Belgique avait ainsi refusé, dans un premier temps, d’accueillir la délégation israélienne pour les EYUC, avant de finalement l’accepter sur un terrain annexe. Le vestiaire de l’équipe avait ensuite été saccagé par des manifestants, provoquant l’exclusion de la sélection israélienne, la mairie ne souhaitant plus assurer sa sécurité. La promesse d’une compétition « sans incident » n’était alors plus tenable.


Lors du mondial beach au Portugal, plusieurs pays — dont la France et le Qatar, récemment bombardé par Israël — avaient boycotté leur match contre Israël. L’équipe israélienne avait ainsi terminé la compétition avec cinq victoires par forfait (France, Qatar, Colombie, Turquie et Pays-Bas), sans aucune victoire obtenue sur le terrain.


La cérémonie des drapeaux avait également été annulée et les drapeaux de toutes les nations retirés. Certains pays, y compris des délégations non directement concernées par la présence d’Israël dans leur division, ainsi que des joueurs à titre individuel — notamment des champions du monde — avaient signé un document demandant l’exclusion d’Israël de la compétition.


Les signataires s’appuyaient notamment sur le fait que le service militaire est obligatoire en Israël et dure deux ans et huit mois, mais aussi sur les accusations portées contre Israël concernant Gaza. Une commission de l’ONU a notamment accusé Israël d’actes pouvant relever du génocide. Dans ce contexte, certains estiment que la probabilité d’affronter un joueur ayant participé à des crimes de guerre est loin d’être nulle.


La présence de la délégation israélienne signifie donc vraisemblablement le retour du protocole précédent.


Les principales mesures envisagées


Renforcement des mesures de sécurité

La WFDF et les organisateurs prévoyaient des protocoles de sécurité particuliers pour les délégations ayant des « besoins extraordinaires de sécurité », avec possibilité de sécurité privée et coordination avec les autorités locales.


Politique encadrant les expressions politiques et les protestations

La fédération a rappelé une « Social Expression Policy » interdisant :

  • les manifestations improvisées sur les sites ;

  • les symboles jugés haineux ;

  • certains gestes ou démonstrations politiques pendant les matchs et cérémonies.


Gestion anticipée des boycotts et refus de jouer

Plusieurs scénarios avaient été évoqués :

  • imposer un statut « neutre » à toutes les nations (sans drapeau ni hymne) ;

  • prévoir des protocoles spécifiques pour les équipes refusant de jouer contre Israël ;

  • organiser des huddles minimaux, sans contact avec les adversaires ni marque de proximité quelconque.


Pas de cérémonie des drapeaux à venir (c) Quentin Dupré la Tour
Pas de cérémonie des drapeaux à venir (c) Quentin Dupré la Tour

Une décision aux conséquences politiques et sportives


Ces mesures, qui risquent d’être remises en place, montrent que si la WFDF affirme ne pas vouloir faire de politique, le refus de trancher constitue en lui-même une décision politique, avec plusieurs effets domino possibles.


Risque élevé de boycotts sportifs

Certaines sélections sont prêtes à refuser de jouer contre Israël. Si plusieurs équipes adoptent cette position pendant un championnat du monde, cela pourrait fausser la compétition, perturber le calendrier et remettre en cause la crédibilité sportive de l’événement.


Problèmes de sécurité et de logistique

La WFDF pourrait craindre :

  • des coûts de sécurité très importants ;

  • des tensions entre supporters, manifestants et délégations ;

  • des annulations ou reports de matchs ;

  • une pression accrue des autorités locales organisatrices, notamment en Irlande, qui reconnaît l’État palestinien depuis le 28 mai 2024.


Risque d’image pour la fédération

La situation peut apparaître incohérente avec les valeurs affichées du sport et avec les précédents établis contre la Russie et la Biélorussie. Les accusations de « double standard », déjà présentes dans de nombreux sports, risquent désormais de toucher également l’Ultimate.


Risque de politisation du tournoi

La présence israélienne devient un sujet dominant qui éclipse le sport lui-même. Lors du dernier événement, la question d’Israël a davantage été abordée que celle du vainqueur du tournoi. Le sujet finit également par affecter, par ricochet, les joueurs, bénévoles, organisateurs, partenaires et sponsors des deux mondiaux concernés.


Crainte d’un effet domino

Si plusieurs équipes annoncent publiquement leur refus de jouer, la fédération risque de perdre le contrôle de l’événement. Le premier tournoi pourrait alors « contaminer » le second en créant des précédents et en amplifiant les tensions.

 
 
 

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