WUCC - Le grand soir de la révolution !


Mauricio Moore capture d'écran (c) Ultiworld


Au départ il y a un homme, Mauricio Moore, qui en 2005 souhaite avoir la meilleure équipe d’ultimate au monde dans son pays, la Colombie et qui affiche ses ambitions en créant le “Revolution Professional Sports Club”. Depuis 17 ans, sacrifices, efforts physiques et financiers permanents et travail acharné ont transformé son équipe et ce rêve en une réalité, mieux : une évidence ! Il n’y a plus d’équipe féminine colombienne ambitieuse qui voyage hors du pays sans lui.

Voici le palmarès de cet homme depuis le début de son projet : 9 podiums internationaux en 11 ans, et bien sûr, 11 titres nationaux consécutifs.

Résultats internationaux :

Championnat du monde nation : Argent 2016, 4ème 2012, 8ème 2008, absent 2004

World Games : Argent en 2018, Bronze en 2022, 4ème en 2013,

Championnat du monde club : Champion 2022, Argent 2018, 7ème en 2014, absent 2010

Premier ultimate league : Champion 2019 (8 équipes, seule saison avec champion)

US Open :

Junior : U24 : 4éme 2018 et 2019, U20 : 1er 2012, 2ème 2018, 3ème 2016 et 2014,

L’équipe :

Il aura fait émerger une génération extraordinaire nourrissant la totalité des filles de l’équipe des World Games :

#1, Alejandra Torres, #7 Ximena Montaña, #8 Manuela Cardenas, #15 Elizabeth Mosquera, #20 Yina Cartagena, #33 Valeria Cardenas et #96 Maria Forero.


Quelques joueuses de classe :

#11, Luisa Sánchez, #14 Alejandra Uribe, #17 Carolina Escobar et #57 Ximena Montaña.


Quelques stars étrangères : l’Australienne #16 Michelle Elizabeth Phillips présente depuis 4 ans dans le projet, l’Allemande #42 Levke Walczak et l’Américaine #52 Claire Chastain toutes trois présentes aux World Games, et #27 Akina Younge qui a abandonné Brute Squad (7ème du mondial) pour ce projet.


Mais lors des 10 matchs de ce mondial, le jeu tourne essentiellement autour de cinq joueuses colombiennes : Maria Forero (5 passes, 21 points), Elizabeth Mosquera (10 passes, 12 points), Yina Cartagena (24 passes et 16 points, dont celui du titre) et les soeurs Manuela (34 passes, 5 points) et Valeria (30 passes, 10 points).


Les sœurs Cardenas en junior. (c) Quentin Dupré la Tour

Les soeurs Cardenas :

Depuis l’intégration de deux jumelles de 9 ans aux entraînements à Medellin en 2010, Mauricio Moore loue leur esprit combatif qui a fait que ses deux enfants, tout en se challengant en permanence pour être meilleure l’une que l’autre, se soutiennent pour progresser ensemble. Rapidement, ces deux petites joueuses deviennent des curiosités, puis rapidement des stars de leur catégorie d’âge, emmenant leur équipe, mais aussi toute une génération derrière elles, pour finalement devenir de vrais légendes mondiales. 12 ans après, et en étant toujours éligible pour jouer en U24, elles sont championnes du monde à l’issue d’une finale illuminée par la classe de Manuela Cardenas. Entre-temps, elles ont quitté leur pauvre foyer familial, obtenu des bourses d’études et ont intégré des universités américaines différentes grâce à l’ultimate et sont devenues des références mondiales de notre sport, voire même des porte-étendards.

La finale :

Entre le ranking #1, Fury, et le ranking #2, Révolution, la finale est enfin celle attendue et Fury, qui avait le ranking #1 déjà en 2018 mais n'avait terminé que 5ème fait office de favori.

La finale tourne d’ailleurs rapidement en faveur des filles de San Francisco, même si au bout de deux passes on assiste déjà à la première interception inspirée de Manuela Cardenas, qui déroule immédiatement un petit jeu de passe et va avec Walczak. Mais Mosquera trop gourmande perd le disque en voulant conclure rapidement. La possession suivante est la bonne 0-1 pour Fury.

5’ : Sur le deuxième point, c’est au tour de Valéria de tenter une longue passe inspirée sur la pauvre Walczak qui donne tout et plonge, mais ne peut pas sauver le tir. En face, la longue est plus chanceuse mais arrive et dans la cohue qui suit, la conversion se fait :

0-2 !


11’ : Le point suivant est une construction compliquée pour les Colombiennes qui arrivent sur la ligne en multipliant les petites passes, mais Valeria rate encore sa passe. Le disque est tout de même récupéré pour le rendre quasi-immédiatement par un mauvais dump de Alejandra Uribe :

Le manque de place n’est pas un problème pour jouer sur la taille de Michelle McGhee : 0-3 !


Temps-mort pour les Colombiennes, les erreurs sont individuelles, il est temps de produire une défense collective !


26’ : Le jeu se calme un peu, et on assiste à un énorme dive défensif en zone de Mosquera qui permet à Révolution de débreaker, malgré un manque d’espace dû à une grosse défense de Fury.

3-4 !


Défense de Mosquera caputre d'écran (c) Ultiworld


38’ : le pool glisse au fond du terrain, la joueuse américaine ramasse le disque, fait une feinte de jeu, puis remonte le disque à l’entrée de la zone… Infraction huée par la foule, Manuela et Levke viennent rétablir la règle, on reprend dans l’angle. Un peu dans le brouillard avec une foule qui se calme, une longue est rapidement tirée et défendue par Mosquera, tirée en longue par Manuela sur Levke qui ramènent le score à égalité.

5-5 !


44’ : Nouvelle longue de Fury, c’est le tour de Philips de mieux lire et intercepter ; second temps-mort de Revolution qui danse et chante puis convertit le point.

6-5 !


50’ : Drop de pool de Carolyn Finney qui offre la mi-temps aux Colombiennes qui n’en demandaient pas temps. L’action est terrible et le moment est le pire possible !

8-6 ! Mi-temps.


78’ : Erreur d'interprétation de Cartagena qui permet à Fury de breaker.

10-9


89’ : Long point où on assiste à la blessure de Mosquera qui sort à quatre pattes (elle reviendra jouer) et à la défense incroyable de Manuela Cardenas qui s’envole et voit un jeu dangereux appelé ! L’injustice semble énorme tant elle était loin de Kaela Helton qui se prend immédiatement une bronca monumentale ! Pourtant, même si à chaud le call semble injuste, il faut admettre à froid qu’elle a raison, il est impossible pour elle de continuer son effort sans se faire découper par Manuela en plein effort qui lui fonce dessus avec un “angle agressif” selon les commentaires en live. Frustrant de l’admettre, mais l'interprétation et l’application de la règle sont les bonnes. Lorraine Guerin conclura ce point avec un superbe duel !

10-11 !



La défense de Manuela Cardenas capture d'écran (c) Ultiworld


105’ : Double spike ridicule sur la célébration d’Anna Thompson.

12-13 !


111’ : Malgré un disque de match perdu par Révolution, Mosquera intercepte en zone et les joueuses de Medellin ont une opportunité de gagner, c’est le 4ème temps-mort pris par l’équipe contre un seul dans le match pour Fury. Mais la passe de Torres s’envole et sur le contre, Fury conclue et s’offre un universe.

13-13 !

La chaîne humaine de révolution capture d'écran (c) Ultiworld


120’ : Cet universe est le plus long point du match, des turns partout, de la tension de l’intensité. Et on voit Revolution tantôt s’effondrer sous l'émotion, tantôt se sublimer. Le premier turn est dû à un énorme plongeon d’Anna Nazarov à qui répond Maria Forero obligée de défendre le disque en l’air puis de plonger une nouvelle fois pour résister à l’effort offensif d’Anna Thompson toute proche de marquer. Elle se blesse en tombant et quitte le terrain. Pendant ce temps, toute l'équipe de Revolution suit le disque en se tenant par la main et fait un mur rose au bord du terrain.

Suit un turn sur un dump pour Manuela, mais une faute est appelée (acceptée). Vient ensuite un drop de Torres. Sur le contre, c’est Manuela qui fait l’effort de venir rattraper 20 mètres pour aller se mêler au duel entre Cartagena et Lisa Couper et mettre tout le monde d’accord. On croit avoir l’action du titre avec un énorme dive de Mosquera en attaque, mais le disque rebondit sur la main, il faut tout refaire, et c’est ce que décide de faire Cartagena, qui rattrape sa joueuse, fait la défense, et file en zone cueillir la passe de Valéria Cardenas qui a surgit pour la servir.


Ce match était grandiose, la petite ville de Medellin est au sommet de l’ultimate féminin mondial !


Le rebond dans la main qui a failli changer l'histoire capture d'écran (c) Ultiworld


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